Haut-Katanga

Haut Katanga

1. Géographie, démographie et potentialités

Disposant d’une superficie de 131.443 km, la province du Haut-Katanga est limitée au Nord par les provinces de Tanganyika et du Haut-Lomami, à l’Ouest par la province du Lualaba, à l’Est et au Sud par la République de Zambie. Son chef-lieu est Lubumbashi, la deuxème ville du pays. Son relief est caractérisé par les chaînes de montagnes de Mitwaba et Kundelungu ainsi que le plateau de l’Upemba. Elle connait un climat tempéré au Sud et un climat chaud au Nord avec deux saisons : la saison sèche d’avril à septembre et la saison pluvieuse d’octobre en avril. La température moyenne varie entre 10° C et 40°C. L’hydrographie de la province est constituée principalement du fleuve Congo, de deux grands lacs : Moero et Tshagalele ainsi que d’autres cours d’eau : Luapula, Lufira et Luvua ( qui relie le lac Moero au fleuve Congo).

La végétation dominante appartient à la zone soudano-zambézienne avec un paysage marqué par des forêts claires (miombo) mêlées à des bambouseraies et d’importantes zones de savanes à acacias. Les sols du Haut-Katanga découlent des formations de l’étage supérieur du système de Kundelungu formé de grès rouges feldspathiques, avec par endroits des intercalations des schistes rouges et des bancs de grès donnant des sols à dominance argilo-sablonneuse.

Démographie

La population de la province est estimée à 4.813.779 habitants et une densité de 37 habitants au km.

Potentialités

Le sous-sol de la province du Haut-Katanga est très riche en minerais : cuivre, cobalt, zinc, nickel, or, germanium, salines, calcaire, uranium, platine, fer, plomb, argile, kaolin, manganèse, talc, granites, gypse,… Elle possède la deuxième réserve mondiale de cuivre et constitue le poumon de l’économie du pays. La province dispose par ailleurs d’un riche potentiel de développement agricole lui permettant de satisfaire l’importante demande des produits vivriers des centres miniers tels que Lubumbashi et Likasi. Le bassin de la Luapula-Moero (au Sud-Est) est propice à la culture de riz, maïs et arachide. Dans le cercle de la vallée de la Lufira (vers Likasi), les cultures de riz, maïs, arachide et canne à sucre sont réalisables. L’axe Luapula-Moero est une zone très riche en activités halieutiques. Une grande partie des produits de la pêche est consommée dans de grands centres (Lubumbashi et Likasi) et une autre partie est exportée vers d’autres provinces (Kasaï, Kasaï central, Kasaï oriental, Lualaba,...). Le potentiel de pêche du lac Moero s’élève à 12.000 tonnes/ an et celui du lac Tshangalele à 1.600 tonnes/an.

2. Tissu infrastructurel : transport et télécommunications

Transport.

La province du Haut-Katanga dispose d’un réseau routier long de 1.358 km, dont 357 km de routes revêtues et 1.001 km de routes en terre. Elle dispose aussi d’un aéroport international à Lubumbashi ( l’aéroport de Luano) et d’un réseau ferroviaire très développé ( 2.469 km) reliant Lubumbashi à Likasi. Ce réseau ferroviaire joue un grand rôle dans le développement économique du pays avec ses raccordements par l’Ouest qui ouvrent la voie vers l’Angola (Port de Lobito), par le Sud qui mène vers Kapiri-Mposhi en Zambie assurant la jonction au port de Dar-es-salaam en Tanzanie, ainsi que par le Sud jusqu’au port de Durban. Les voies lacustres de la province couvrent les secteurs de Luapula-Moero (279 km).

Télécommunications

La province connait une pénétration assez importante des technologies de l’information et de la communication. Certains opérateurs des télécoms y œuvrent depuis le début de la décennie 2000.

3. Situation énergétique

Les principales sources énergétiques de la province sont la biomasse ( bois de feu, charbon de bois, déchets et résidus agricoles), l’hydraulique, le charbon minéral, le solaire, l’éolien, la géothermique ainsi que l’uranium. La situation énergétique de la province se résume dans le tableau ci-après.

4. Caractéristiques et récente évolution de l’économie

La province du Haut-Katanga est le deuxième pool économique du pays après Kinshasa. Avec ses importants gisements de minerais, l’économie de la province repose sur l’exploitation minière qui représente à lui seul plus de 50% de son PIB. Cependant, le secteur minier de la province est essentiellement tourné vers l’exploitation, dépendant ainsi des fluctuations des prix des matières premières à l’international. Il y existe aussi d’autres industries de transformation et des unités agro-industrielles, ce qui justifie la faiblesse des rendements. Les quantités produites sont très faibles car les paysans, qui jadis produisaient plus, sont découragés à cause notamment de la diminution de la demande suite aux difficultés de transport pour l’acheminement des produits vers les centres de consommation avec comme conséquence des prix non rémunérateurs.

La vaste zone de l’interland minier qui prend Sakania, Kipushi, Kambove, Lubudi, Lubumbashi, Likasi, Kolwezi n’a qu’une seule saison culturale et une petite saison sèche consacrée aux légumineuses et à la culture maraîchère. L’agriculture, la pêche et l’élevage avec leurs différentes caractéristiques ( moderne et traditionnelle) y sont érigées pratiquées. Ca et là aux alentours des centres de consommation sont érigées plusieurs unités agro-industrielles approvisionnées en matière première à partir des zones de haute production. La forte demande des produits vivriers des centres miniers tels que Lubumbashi, Likasi peut servir de stimulant pour le développement du secteur agricole dans la province. Concernant le petit élevage, il connait une importante expansion axée essentiellement sur la volaille, les caprins et les porcs.
Le secteur tertiaire qui représente autour de 15% du PIB de la province n’est pas très dynamique. Les principales activités du secteur sont le commerce et le transport dont les contributions à la croissance sont relativement faibles. Il sied de noter que beaucoup d’activités commerciales se déroulent dans l’informel portant ainsi préjudice à la collecte des impôts et taxes. Ces dernières années, l’activité bancaire connait une nette progression, justifiée par l’importance du développement économique. Après la stagnation observée en 2009 à la suite de la crise économico-financière internationale, l’activité économique de la province du Haut-Katanga est à la reprise. Le taux de croissance d PIB provincial est passé de 3,5 en 2009 à 25% en 2010 précisément du secteur minier. De 2012 à 2015, l’économie de la province a affiché une croissance moyenne de 15 % tirée toujours par le secteur minier.

5. Développement humain

La province du Haut-Katanga dispose des écoles de presque tous les réseaux : des écoles officielles, des écoles conventionnées catholiques, protestantes, kimbaguistes et musulmanes ainsi que des écoles privées, qui organisent l’enseignement depuis le niveau maternel, primaire, secondaire et universitaire. Comparativement aux écoles publiques, les privés fournissent des efforts énormes pour maintenir leurs infrastructures en bon état. Au cours de l’année 2013-2014, on a dénombré dans le Haut-Katanga 705 écoles primaires dont 578 relèvent du secteur public et 127 d secteur privé. 253.641 élèves fréquentent ces écoles dont 111.405 sont des filles, soit un taux de fréquentation de filles de 43,9%. Au niveau secondaires, durant la même année, la province a compté 289 écoles dont 217 écoles du secteur public et 72 du secteur privé. 59.548 élèves étaient inscrits dans ces écoles avec 43.116 élèves dans les écoles publiques et 16.432 dans les écoles privées. S’agissant du système sanitaire de la province, il comprend des hôpitaux généraux, des zones de santé, des centres de santé et des dispensaires. La plupart des structures de santé sont dans un état qui exige une réhabilitation. Plusieurs autres structures de santé relèvent des conventions religieuses et des privés.