La source du développement : L’électricité

30/04/2024 / Energie
La source du développement : L’électricité

Prenez des photos satellites de notre planète lorsqu’elle n’est pas éclairée par le soleil : l’Afrique est plongée dans le noir, sous une Europe étincelante de mille feux. Selon un récent rapport de l’Agence Nationale de l’Electricité de des Services Energétiques en milieux Rural et périurbain (ANSER), à peine 19% des habitants du Congo ont accès à l’électricité. Dans les zones rurales, ce chiffre chute dramatiquement à 1%. Ceci place la RDC comme le second pays au monde ou l’électricité est un luxe rare.

L’électricité est au centre de toutes nos préoccupations, qu’elles soient économiques, sociales ou environnementales. Sans une source d’Energie fiable, aucun secteur ne peut se développer de manière optimale. Par exemple, l’absence de l’électricité stable pénalise lourdement les entreprises qui doivent faire face à des surcouts considérables pour se fournir en Energie hors réseau. Il suffit de regarder la situation intenable en Afrique du Sud, pourtant bien en avance sur nous dans le domaine, pour comprendre l’importance de la stabilité d’un réseau.

De plus, notre potentiel minier considérable dépend entièrement d’un approvisionnement énergétique stable. Sur le plan social, l’absence d’électricité a un impact direct sur la qualité de vie des ménages. Nos femmes et nos enfants sont particulièrement touchés, contraints de parcourir des dizaines de Kilomètres chaque jour pour chercher du bois de chauffage.

Et le bilan humain est effrayant : chaque année, six cent mille Africains meurent des suites d’intoxications dues à l’utilisation de charbon de bois. Les personnes à faibles revenus sont les plus pénalisées, car le cout unitaire de l’Energie du charbon de bois ou des bougies est plus élevé que celui de l’électricité du réseau. Enfin, sur le plan environnemental, il faut souligner que plus de 90% de notre Energie provient du bois, posant un risque direct pour nos forêts. Si rien ne change, et compte tenu de la croissance démographique et de nos besoins en Energie, nos forets pourraient disparaitre d’ici 2100.

C’est un défi colossal qui nous attend, un rêve qui se dessine lentement mais surement sur la vaste toile du continent : l’électrisation des zones rurales sur notre continent. En RDC, comme ailleurs, ce projet est l’incarnation des espoirs et des aspirations de millions d’âmes qui attendent l’aube ère nouvelle.

Dans mon pays, grand comme l’Europe de l’Ouest, de vastes zones rurales demeurent largement coupées du réseau électrique qui alimente les grandes cités du continent. Cette fracture énergétique est un écho lointain des inégalités qui ont marqué l’histoire du continent. Une cicatrice que le temps peine à effacer.

Mais nous nous y attelons. Ma vision, c’est celle d’un pays ou chaque foyer, meme le plus isolé, serait baigné dans la lumière douce et rassurante de l’électricité. Un monde ou les enfants pourraient lire et apprendre après la tombée de la nuit, ou les médecins pourraient opérer sans crainte d’être plongés dans l’obscurité, ou les artisans pourraient prolonger leur labeur et ainsi nourrir leurs familles avec dignité.

L’Energie est le moteur du développement, une force vitale qui peut transformer les vies et sculpter les destins. Mais, comment tendre vers cette vision, lorsque les ressources sont limitées, les infrastructures insuffisantes et défis nombreux ? il s’agit là d’une question qui ne trouve sa réponse que dans l’action collective, dans l’union des compétences et des volontés.

Il est alors question de mobiliser une synergie à l’échelle continentale, ou la solidarité transcende les frontières et unit les peuples dans une quête commune.

Des ingénieurs audacieux, des entrepreneurs passionnés, des gouvernement éclairés et une jeunesse vibrante et dynamique se rassemblent pour forger le chemin de l’électrification rurale. Dans les contrées lointaines, les technologies solaires font leur apparition, et permettent d’illuminer les nuits. Des mini-réseaux sont érigés, reliant les communautés et des questions cruciales surgissent : comment assurer une distribution équitable de l’Energie ? comment favoriser l’accès à l’électricité tout en préservant les écosystèmes fragiles et les traditions locales ?

C’est pour répondre à toutes ces questions que j’ai créé l’ANSER , l’ l’Agence Nationale de l’Electricité de des Services Energétiques en milieux Rural et périurbain ? qui a poursuivi en 2022 une mission essentielle pour le développement de notre pays : l’électrification des zones rurales. Pour ce faire, nous avons lancé une série de projets pilotes d’éclairage public. Cette initiative a été méticuleusement guidée par notre feuille de route initialisée en 2020. Notre action s’est articulée autour de trois pilier fondamentaux : l’élaboration d’un plan d’électrification méticuleusement décentralisé, l’introduction d’un programme d’investissements prioritaires et le déploiement de mesures incitatives stratégiques pour mobiliser les financements nécessaires

Ces leviers ont été essentiels pour créer un environnement propice pour rassembler toutes les parties prenantes intéressées à promouvoir les développements du secteur d’électrique dans notre pays. Alors que nous entrons en 2023, je constate un véritable regain de soutien politique quant à ce projet.

C’est une aubaine et, je suis convaincu, cela va permettre à l’ANSER de se focaliser pleinement sur la stratégie d’électrification rurale et périurbaine. Je n’ai aucun doute que notre équipe à l’ANSER continuera à redoubler d’efforts pour non seulement accélérer l’électrification, mais aussi pour offrir des solutions encore plus performantes et adaptées à chaque région dans le but d’améliorer les conditions des vies des populations de l’arrière-pays.

Nous sommes actuellement engagés à relancer le processus de mobilisation de nos ressources propres, une initiative que figure parmi les priorités majeures. Le but est de soutenir vigoureusement l’électrification en milieux rural et périurbain, un effort qui implique une série d’actions de lobbying stratégique pour catalyser l’activation rapide de génération de ressources financières, conformément aux dispositions légales en vigueur. Je suis également déterminé à apporter des solutions rapides aux questions pressantes concernant l’avenir du Fonds Mwinda, qui a connu des retards dans le financement depuis sa dernière allocation présidentielle. Qu’est-ce que le Fonds Mwinda ? Lancé le 24 novembre 2020, est notre réponse à ce problème. Son but est clair : booster les taux d’électrification à 30% avant 2024, en raccordant deux millions de foyers supplémentaires au réseau électrique, et en facilitant l’usage de solutions de cuisson propre. Supervisé par le gouvernement via ANSER et soutenu par le secteur privé, ce fonds national vise une révolution énergétique inclusive et accessible à tous. A travers le Fonds Mwinda, mon souhait est de contribuer activement, à travers nos services énergétiques, au développement de mon projet des cents-quarante-cinq territoires.

En sommes, 2022 aura le témoignage vibrant de notre volonté indéfectible de précipiter l’aube d’une ère nouvelle pour le Congo rural. Avec un e détermination inébranlable et un pragmatisme qui caractérise, je l’espère, ma gouvernance, nous avons concentré nos efforts dans une planification méticuleuse qui a donné vie à des projets pilotes concrets. Ces derniers incarnent désormais les lueurs d’espoir qui illuminent le Congo profond.

Il est vrai, la transformation profonde du Congo n’est pas sans douleur, car il nous reste des défis colossaux à surmonter. Nous nous attelons activement à définir des modèles économiques viables, à révéler des défis logistiques de taille, et à concevoir des incitations fiscales pour intensifier l’engagement du secteur privé. Notre attention demeure également focalisée sur le perfectionnement des processus de passation des marchés et le rôle capital du Fonds Mwinda dans l’amplification du pourvoir d’achat du Congolais moyen en milieu rural. Nous sommes conscients de la nécessité urgente de soutenir une mise en œuvre rapide des initiatives qui boosteront nos ressources financières.

 Je pense que nous façonnons notre chemin à chaque pas que nous faisons, sans attendre d’avoir rassemblé toutes les conditions, sans attendre d’avoir rassemblé toutes les conditions idéales. Les fonds mobilisés à partir du budget national, le Fonds Mwinda et divers partenariats se traduisent déjà en projets qui insufflent un nouvel espoir à des milliers de nos compatriotes.

Nos statistiques témoignent désormais d’une avancée notable, une progression que nous nous attacherons à mesurer avec encore plus de précision. Soyez en assurés : l’ANSER a abordé la réalisation de sa mission en sachant ajuster ses plans et ses hypothèses en fonction des résultats obtenus sur le terrain.

Ceci a permis d’envisager une expansion non seulement à travers les projets matures de son PIP, mais aussi de manière plus globale, à travers le Programme de développement Local des cent-quarante-cinq territoires. C’était les défis que nous nous étions fixes pour 2023 et il est en passe d’être réussi. Il faut garder en tête que notre avenir ne peut être construit sans tenir compte de tout ce que nous avons accompli jusqu’à présent. Notre démarche cohérente et intégrée fait la force de notre action. Avec le temps comme allié tantôt favorable, tantôt exigeant, nous continuons à perfectionner notre démarche tout en accentuant dynamisme.

Alors que le Fonds Mwinda approche à grands pas de l’échéance de son objectif de 2025 pour la mobilisation de cinq-cent-millions USD, l’urgence de trouver des financements s’intensifie. Nous sommes résolus à accélérer notre démarche, voire à redoubler d’efforts, afin de rendre le secteur encore plus attractif.

Félix Tshisekedi, Pour un Congo retrouvé, VA Édition, France, 2023, pp 53-58.

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